Le Blog Officiel de Jean Pascal GOURNES
Chers amis,
J’ai participé ce vendredi à une conférence qui se tenait au Palais des Congrès d’Aix en Provence, conférence organisée par la Communauté d’Agglomérations du Pays d’Aix, qui présentait le bilan 2007 et les perspectives 2008 de son Programme Local de l’Habitat.
Après un petit discours d’accueil de mon ami Jean Claude Feraud, Maire de Trets et Vice Président de la CPA, et un exposé fort intéressant et particulièrement bien détaillé de Jeanine Bellante, la parole a été donné à la salle afin d’essayer d’enrichir le débat sur les moyens à mettre en œuvre pour traiter l’épineux problème du manque de logements dans le Pays d’Aix. J’ai alors assisté à un incroyable lynchage des élus par les bailleurs sociaux, promoteurs, et autres soit disant experts en tout genre qui se croyaient investis d’une mission divine pour dénoncer le responsable de tous les maux qui frappent notre société moderne : l’élu.
Après un instant de réflexion, j’ai décidé de ne pas prendre la parole car cela aurait forcément tourné au pugilat verbal, ce qui n’a jamais été productif même si ça soulage parfois.
Dans la salle, il y avait notamment cet intervenant, un architecte de renom dont je tairais le nom par simple correction, qui se trouvait à la tribune et qui, sans la moindre retenue, a affirmé que la plupart des élus, en ne pratiquant pas une politique d’urbanisation soutenue, ne travaillait pas dans l’intérêt général. Et derrière moi, une autre voix s’est élevée, celle d’un promoteur dont je tairais là encore le nom, pour expliquer que les élus ne jouaient pas le jeu alors qu’ils leur suffisaient, pour créer de la réserve foncière, de contraindre les propriétaires fonciers à vendre, sous la menace, leurs terrains aux pouvoirs publics.
Ces deux interventions sont absolument inacceptables.
Monsieur l’architecte, quel est selon vous la définition de « l’intérêt général » ? Pour moi, il s’agit de répondre à la demande de la majorité des citoyens. A Meyreuil, et dans la plupart des communes rurales du Pays d’Aix, les électeurs se sont clairement exprimés en plébiscitant les candidats qui proposaient dans leur programme une préservation du cadre de vie, de l’identité du village et une amélioration de l’environnement. A Meyreuil, notre adversaire qui présentait un programme d’urbanisation important de la commune a été éliminé, et ce dès le premier tour. En nous accordant presque 55% des suffrages au premier tour, la population s’est donc clairement exprimée. Aujourd’hui, c’est à nos électeurs que je dois rendre des comptes et c’est en fonction de leur choix que je dois travailler dans l’intérêt général, même si ce choix, Monsieur l’architecte, n’arrange pas votre chiffre d’affaires.
Quant à vous, Monsieur le promoteur, je veux simplement vous dire que notre société démocratique et républicaine est fondée sur deux éléments incontournables qui sont notre constitution et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Je vous rappelle simplement que, dans le dernier point de cette déclaration, il est inscrit dans le marbre que la propriété est un droit inviolable et sacré du citoyen. Et que ce principe est repris dans les fondements même de notre constitution. C’est pour cela que je me refuse, quelles qu’en soient les conséquences, de mettre un jour le pistolet sur la tempe d’un propriétaire foncier pour l’obliger à céder sa terre. Il faut raison garder et trouver le meilleur consensus. Ce n’est pas simple et cela demande du temps. Car rien de bon ne se fera sous la contrainte et dans la précipitation.
Alors, je ne crois pas que les punitions préfectorales, les invectives publiques, les déclarations pompeuses et stériles, ne changent quoi que ce soit.
Les élus locaux, les Maires, ont surtout besoin de mesures intelligentes, comme celle qui leur permettrait de maitriser la totalité des attributions des logements sociaux afin de répondre aux attentes de leurs populations. Comme le disait si justement mon ami Jean Claude Feraud, cela lèverait un frein important à la réalisation de programmes à la dimension de chaque commune. Et permettrait au Maire de justifier leurs constructions auprès d’une population rurale culturellement opposées à ce genre d’opération.
Bien sur que nous sommes, nous élus, des femmes et des hommes responsables, c’est à dire le contraire d’irresponsables. Oui ! Je l’assume et je le revendique. Mais coupables, certainement pas.
Jean Pascal GOURNES
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