Le Blog Officiel de Jean Pascal GOURNES
Chers amis,
Certains, dont je faisais partie, ne cessaient de le répéter : le Parti Socialiste s’engage sur une pente savonneuse qui le conduira inexorablement dans des abysses dont personne ne connaît encore la profondeur. Cette fois, on y est.
Le grand parti de la gauche modérée est arrivé au bout d’une lente agonie, en phase terminale d’une longue maladie qui a pour nom l’ambition personnelle. Les premiers symptômes sont apparus au moment de la campagne électorale des présidentielles. Jusque là, après le traumatisme de 2002 et le naufrage Jospin, François Hollande avait su tenir ses troupes d’une main de fer, le conduisant notamment à un succès retentissant aux Régionales de 2004. Sa grande erreur a été de ne pas s’annoncer comme le candidat incontournable du PS aux présidentielles. Personne n’aurait osé contester sa légitimité. Même si cela me fait mal de le dire, il aurait pu accéder à la fonction suprême, en tout cas il avait plus la carrure et l’envergure d’un chef d’état que sa chère et tendre de l’époque. Mais peut être a-t-il jugé que le costume était un peu trop grand pour lui. Peut être a-t-il cédé devant l’ambition dévorante et l’égo surdimensionné de celle dont il partageait la vie à ce moment là. Lui seul à la réponse.
Toujours est-il qu’aujourd’hui le résultat est là. Après la défaite de 2007, la situation n’a fait qu’empirer. Le collectif « TSS » (Tout Sauf Ségolène) n’a pas disparu ni faibli, il a juste renouvelé ses membres : Les adversaires d’hier qu’on nommait les "Dinosaures " ou "Eléphants", Fabius, DSK, Lang, se sont effacés pour laisser la place au jeune loup Hamon qui s’inspire des méthodes de communication de la LCR, au maniéré Delanoë qui expose son coté bobo et à Aubry qui nous revient d’un temps que les gens de 20 ans ne peuvent pas connaître… Avec un seul et unique point commun, marcher sur la tête de l’autre pour, au final, être calife à la place du Hollande, au travers de motions qui ne sont en fait que des feuilles de chou masquant l’ambition personnelle la plus cynique.
Pour en arriver au pire scénario, celui qui place (peut être) à la tête du PS celle qui a en grande partie fossoyé notre économie en inventant les 35 heures, avec seulement 42 voix d’avance sur son adversaire qui donne désormais plus dans le One woman show que dans la proposition politique. Et voila qu’après les coups de griffes, les crocs en jambe sournois, on en vient carrément au pugilat, se traitant mutuellement de tricheurs et de voleurs. Sous les yeux impuissants d’un Hollande dépassé, mais pas forcément malheureux d’avoir réussi à tacler son ex par derrière.
Bien entendu, je ne vais pas m’apitoyer sur les malheurs d’un parti dont je ne partage pas les idées et les concepts politiques. Mais je ne vais pas sauter de joie non plus, et ce pour plusieurs raisons.
Parce que cela offre à Ségolène un statut de martyre qu’elle affectionne particulièrement. Vous savez bien, elle a perdu en 2007 parce que les méchants dinosaures l’ont sabotée, parce que le méchant Bayrou n’a pas voulu lui tendre la main, parce que le méchant Sarko est vraiment méchant, mais certainement pas parce que son programme était inexistant. Pas du tout. Voyons.
Parce qu’avec Aubry, c’est l’épouvantail du PS dogmatique et psycho rigide à la Pierre Mauroy et, pourquoi pas, un retour aux affaires de Jospin. Comme quoi, au PS, c’est dans les vieilles marmites…
Parce qu’une démocratie comme la notre ne peut pas fonctionner sans une opposition structurée, cohérente, qui doit obliger la majorité à être plus créative, plus réactive, plus efficace. Un peu comme une entreprise a besoin de la concurrence pour l’obliger à innover, à se dépasser.
Et enfin parce que la mort du PS ouvre grand la porte aux opportunistes, nationalistes et communautaristes de toute sorte, qui en cette période de crise ne manqueront pas d’émerger et de gagner en notoriété. Il ne faudrait pas que le petit facteur qui cache son réel visage d’extrémiste révolutionnaire derrière un look BCBG et un passage sur le plateau de Michel Drucker, ne devienne le seul adversaire crédible de la majorité présidentielle.
Mais de tout ça, le PS s’en moque comme de sa première rose. Mardi, Martine Aubry devrait être confirmé dans son poste de nouveau Premier Secrétaire du parti, et ensuite, en avant vers les élections européennes. Les yeux bandés, droit dans le mur…
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