Le Blog Officiel de Jean Pascal GOURNES
J'ai toujours porté une grande admiration au peuple américain. Pour y avoir séjourné à plusieurs reprises, y avoir travaillé en tant que consultant, aussi bien à NYC qu'à Chicago, j'ai appris à connaitre ces gens dotés d'une incroyable capacité à rebondir dans les moments difficiles, à inventer de nouveaux horizons, à s'extraire des pires situations dans des temps records.
Pourtant, je me demande, maintenant, si nous ne sommes pas arrivés au bout du système.
General Motors, Ford et Chrysler sont aujourd'hui au bord du gouffre et ne pourront empécher la fermeture de dizaines d'usines. La faillite de ces trois géants de l'automobile couterait la bagatelle de 126 milliards de dollars en 3 ans et 3 millions de personnes pourraient perdre leur emploi. Pire qu'une crise, un seisme... et la mise en cercueil irréversible d'une ville comme Détroit.
Alors, vous allez me dire qu'Il suffit au gouvernement de venir au secours de ces entreprises en dificulté comme cela a été récemment le cas pour le secteur bancaire. Apparemment, et contrairement aux démocrates, ce n'est pas une option qui enthousiasme les républicains, qui semblent craindre que le fait de s'immiscer dans les problèmes des entreprises privées ne revienne à abattre une sorte de "mur de Berlin", ce qui entraina la chute de l'empire sovietique.
George W. Bush n'avait il pas promis à son successeur de mettre tout en oeuvre pour lui faciliter la tache durant la période de transition ? Cela s'engage vraiment très mal...
On peut aussi en déduire qu'aux USA, aujourd'hui, il fait meilleur être banquier qu'industriel...
Quant aux reproches que fait le leader républicain au sénat, Mitch McConnell, à l'industrie automobile américaine de n'avoir pas su s'adapter aux nouvelles demandes du marché, c'est quand même bigrement gonflé, sachant que l'administration Bush a toujours protégé et approuvé les fabricants de grosses cylindrées polluantes et gourmandes, faisant fi de tous les principes des accords de Kyoto. On marche sur la tête au pays de l'Oncle Sam...
Le chantier qui attend Obama est donc collosal. C'est pour cela que je mets en garde tous ceux qui mettent mille espoirs dans cet homme qui, aussi admirable qu'il puisse être, et avec toute la bonne volonté du monde, veillera d'abord à sortir le pays de la crise profonde dans lequel il se trouve avant de songer à la peine de mort, à la guerre en Irak, la prolifération des armes à feu, la valorisation des minorités, le réchauffement climatique etc, etc...
Le soufflet risque de retomber bien vite, et l'enthousiame des premiers instants se transformer en une grogne bruyante des minorités ethniques américaines, mais aussi du continent africain qui pense avoir enfin trouver un messie.
Quant au dossier Irakien, qui peut encore affirmer sans sourire que les troupes rentreront au bercail sous 16 mois ? Ce n'est qu'un écran de fumée. Les américains ne peuvent prendre le risque de voir un Iran particulièrement agressif s'imposer en leader dans cette zone explosive aux enjeux collosaux. Et mettre ainsi en grand danger leurs alliés israéliens.
Bon courage Barak. Je pense qu'il va t'en falloir une sacrée dose...
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