Lundi 12 janvier 2009
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Mes chers amis,
Comme l'avait délibérement fait en juin le préfet Sappin, le nouveau Président du Conseil Général des Alpes Maritimes a laché sa petite bombe hier, en déclarant à la presse qu'il était désormais
certain que le tracé LGV serait bien celui longeant l'A8, c'est à dire celui de la Vallée de l'Arc.
Inquiétant, me direz vous ? Effectivement mais surtout étonnant. Etonnant qu'une telle annonce, encore lourdement chargée d'incertitude, soit faite sans aucune concertation avec les autres élus
du territoire. Ceci dit, il faut tout de même s'intéresser à qui est M. Eric CIOTTI, puisque c'est bien de lui dont il s'agit.
Eric CIOTTI est l'ancien attaché parlementaire de M. ESTROSI, propulsé député du 1er arrondissement en surfant sur la vague bleue de 2007, et en évinçant le député sortant Jérôme RIVIERE en le
privant de l'investiture UMP.
Il devient ensuite Conseiller Général dans le but de remplacer M. ESTROSI à la Présidence du CG des Alpes Maritimes, après un épisode politique agité fait d'une première défaite, d'un coup de
chance administratif qui retiendra encore quelques mois ESTROSI au Département et un accord en sous main qui place le candidat CIOTTI investi dans un canton bastion de la droite depuis des
décennies. L'affaire est dans le sac...
Aujourd'hui, Christian ESTROSI a démissionné de sa présidence au CG et c'est Eric CIOTTI qui a récupéré la fonction. Voilà comment en 2 ans, on passe d'un poste d'attaché parlementaire à la
fonction suprême d'un des départements les plus riches de France. Avouez que ça peut laisser réveur des élus compétents, militants, qui ménent des combats politiques acharnés depuis de très
nombreuses années, sans pour celà recevoir une telle reconnaissance...
Bref. Toujours est il que M. CIOTTI a aujourd'hui besoin de se faire un nom. Et si possible pas grâce à cette fulgurante ascension qui peut laisser planer quelques doutes, au sein même de sa
famille politique. Et pour exister, il faut se faire remarquer. Voici une des premières raisons, je pense, de l'intervention inattendue de M. CIOTTI hier.
On peut aussi penser qu'il s'agit là d'une manoeuvre à la hussarde pour forcer la main du gouvernement qui n'en finit plus d'hésiter sur ce dossier, sans doute tiraillé entre une solution
aux avantages bassement financiers (et encore pas vraiment vérifié) et un véritable projet d'aménagement de territoire soutenu par le monde économique et politique des Bouches du Rhône, mais
aussi du Centre Var.
La stratégie est simple, on envoie la bombe et on regarde comment ça réagit en face. C'est Maryse JOISSAINS qui a ouvert le feu immédiatement, ce qui me rassure car certains à la CPA pensaient
qu'elle avait baissé les bras et trouvé des accords avec le préfet en sous main. De mon coté, je connais le personnage et il m'était difficile de croire celà possible. La réaction à chaud d'hier
soir me confirme bien que Maryse fera tout ce qui est en son pouvoir pour éviter la catastrophe. Eugène CASELLI a réagi également, plus mollement. Mais on sait bien que si réaction il doit y
avoir du coté de la gauche marseillaise, elle viendra du CG et de son président Jean Noël GUERINI. Quant à Jean Claude GAUDIN, on attend de voir. Il serait peut être bien, comme je l'écrivais
récemment, qu'il dise à ce jeune et présomptueux élu niçois "Ho mon bicou, si je te presse le nez, il y a encore du lait qui coule"...
En attendant, je pense que c'est maintenant que la partie se gagne ou se perd. Devant l'agressivité de la classe politique niçoise, il nous faut réagir sans tarder, ne pas laisser croire au
gouvernement que nous sommes prêts à accepter la fatalité de la décision. Nous avions décidé d'attendre que les choses bougent pour se mobiliser à nouveau. Je crois que M. CIOTTI nous donne
aujourd'hui une occasion unique de montrer combien ce projet est innaceptable pour notre territoire, et de le crier si fort que cela arrive jusqu'à l'Elysée. Il n'y aura peut être pas de seconde
chance...
Jean Pascal GOURNES